Combien de fois avons-nous décidé de changer dans notre vie ? Combien de fois nous sommes-nous dit « Ça ne peut plus durer, je veux que ça change !!! » ?

Combien de fois, on s’est lancé ? On a acheté, emprunté, lu des livres, on a écouté les conseils de nos proches, on a même osé prendre RDV pour se faire accompagner …

Et combien de fois on a fait machine arrière ?

Ce n’est pas ce qui était prévu. On vivait tellement mal la situation que l’on pensait que rien ne nous arrêterait. Et pourtant …

Oui, se lancer sur la voie du changement peut être difficile. Oui, passer de l’ombre à la lumière demande du courage. Oui, le yin et le yang, au lieu de se générer l’un l’autre, au lieu de s’équilibrer, au lieu de s’unir, risquent de s’entrechoquer, de s’affronter et de s’opposer. Des risques au changement, oui, il y en a. Car, même si cela semblait évident que nous devions changer de comportement pour vivre différemment et mieux, notre fonctionnement même souffrant, nous était familier. Or là, on va vers l’inconnu. On voudrait bien changer mais on ne sait pas, ni vers quoi, ni vers où. Le risque, c’est d’aller à l’encontre de notre éducation, de notre environnement social et relationnel. C’est de croire que notre personnalité va changer, que les autres ne nous reconnaîtront pas, qu’ils nous fuiront ou nous rejetteront.

Vouloir traverser le pont réveille nos peurs. Plus on a peur, plus on résiste au changement. Et plus on résiste, plus ça persiste. Les peurs font partie des obstacles car tout changement nous fait traverser une zone d’ingratitude, une zone d’inconfort, une zone où l’on a peur de perdre notre identité, notre personnalité. Pourtant, dans ce cas-là, on ne change pas de personnalité, on laisse simplement la part positive de nous, prendre de l’expansion. Cette part de nous qui se sentait étouffée, qui voulait « être elle-même », qui voulait la même vie mais en mieux, qui ne demandait qu’à être propulsée sur l’autre rive, celle où l’on sait développer les conditions du bonheur, où l’on sait accéder à nos qualités pour s’épanouir et pour se réaliser.

Vouloir traverser le pont, celui qui nous mène vers notre transformation, est difficile car il nous demande un effort de restructuration. En modifiant l’image que l’on a de soi et des autres, cette restructuration peut créer de l’instabilité, elle peut nous placer devant l’incertitude et nous révéler que nous sommes trop impatient, que nous avons trop d’attentes, que nous sommes là à tutoyer nos limites, nos croyances, nos doutes (croire qu’on n’est pas à la hauteur, qu’on y arrivera pas, que c’est trop dur …). Nous voilà en pleine confusion. D’autant que ces fonctionnements sont, pour la plupart du temps, inconscients.

Vouloir traverser le pont demande l’énergie du courage. Celle qui nous pousse à tout oser même si on a peur. Celle qui nous pousse à se confronter à soi. A nous confronter à nos manques, à nos erreurs, à nos doutes et à nos failles. Nous allons devoir nous chercher, nous appréhender, nous apprendre pour lever les voiles qui nous maintiennent dans l’ignorance de qui nous sommes vraiment. Pour se trouver enfin et oser se regarder droit dans les yeux.

Alors quoi ?!!! Qu’est-ce qu’on fait ? On capitule, quitte à rester dans nos fonctionnements souffrants ? On fuit, en faisant machine arrière, en revenant sur la rive de départ, nous empêchant ainsi de nous dégager de nos entraves ? On se rebelle, en s’accrochant à la façade que l’on s’est forgée et en se faisant croire que tout est bien ainsi ? Ou est-ce qu’on accepte de voir qu’il y a, au fond de nous, des gardiens qui veillent pour nous éviter de nouvelles souffrances, qui nous maintiennent dans une zone de sécurité ? Oui, ces gardiens nous protègent de qu’ils pensent être dangereux pour nous. Et s’ils freinent le changement, c’est qu’ils ont une bonne raison. Alors, lorsque nous acceptons que nous ayons ces gardiens, lorsque nous osons les voir et y faire face, nous pouvons transcender ces croyances, les transformer et … tenter de réaliser nos aspirations les plus chères.

Le changement c’est maintenant … ou pas. C’est peut-être pour un peu plus tard. Car, avant de se lancer dans la traversée, il y aura peut-être à passer par l’antichambre, par cette pièce qui demande que l’on se pose pour vérifier notre motivation. Un espace où l’on peut toujours prendre le temps de se poser, prendre le temps de quelques minutes ou quelques jours pour laisser les choses se placer en soi. Le temps de rassembler le trousseau de clés qui nous aidera à ouvrir les portes.

Et, lorsque nous aurons les clés du changement, alors une nouvelle aventure pourra se révéler à nous.