NUDE

Ces particules d’aimante se disent aimantes,

Aimantes, elles le sont !

Elles se disent aimantes, et te mentent au plus profond !

En farandole, elles s’unissent et se multiplient.

Tel un axolotl, un amphibien, elles s’acclimatent à ton milieu aquatique,

Elles colonisent, en silence, tes abysses siliceux,

Elles s’aimantent à tes chairs au plus profond.

Ces particules d’aimante aimantes,

Fières, elles le sont !

Elles te convainquent d’écouter leur chant des sirènes,

Elles font ami-ami,

Elles s’immiscent entre les fins interstices de tes cellules,

Elles s’insinuent, se faufilent, se frayent un chemin, parviennent et pénètrent au plus profond de tes atomes,

Elles te chuchotent, te susurrent des mots doux, suaves et langoureux,

Elles te séduisent par leurs plus beaux atours,

Elles entament une danse insolente, endiablant tes chairs, et une à une, chaque parcelle de ton corps.

Elles ont des allures de sphinx, de sphex, de serpule qui serpentent entre tes entrailles,

Elles prennent le temps de te faire leur Déclaration,

        Déclaration d’Amour,

        Déclaration à la Vie, à la Mort !

Ces particules d’aimante aimantes se parent d’aurores boréales à leur cou, à leurs poignets, à leurs chevilles pour doucement éclairer l’aube de ta Mort.

Ces particules d’aimante si douces et si soumises à une loi, à une alchimie qui les dépassent,

Se tapissent, se lovent dans les plus intimes de tes tissus.

Elles sommeillent au creux de l’alcôve de tes organes.

 

Ces particules d’aimante aimantes,

Séductrices, elles le sont !

Elles jouent ami-ami avec toi,

Lascivement, fibre tout contre fibre !

Elles se délectent, puisent et épuisent ton puissant tableau de « L’Amour aux sources de la Vie ».

A toi le grand bâtisseur, elles démontrent, jour après jour, l’immense édifice, qu’elles tissent en toi,

A toi le grand bâtisseur, elles démontent, jour après jour, le magnifique ouvrage qui est toi !

Ces particules d’aimante,

Aimantes, elles le sont !

Elles te disent entreprendre une mésothérapie,

Et sournoisement, elles entreprennent l’architecture insensée d’un mésothéliome,

Elles achèvent leur construction pharaonique dépourvue d’acanthes, pour t’embarquer dans un état mésomorphe.

              Quelle Mésalliance que voilà !

 

Ces particules d’aimante aimantes,

Pugnaces, elles le sont !

Délicatement, elles entament leur œuvre de destruction massive,

              Pouce par Pouce, de ton océan de dynamisme,

              Pouce par Pouce, elles démantèlent ton Himalaya d’énergie vitale,

Et s’érigent en vainqueur de l’Annapurna !

Ces particules d’aimante aimantes,

Victorieuses, elles le sont !

Elles se disent aimantes, et roublardes elles le sont !

Leur prolifération, fait fi de tes remparts de muscles,

                                 Fait fi de ta forteresse d’humanité,

                                 Fait fi de ton bunker de vie saine, et de prolifique jardinier.

 

En tsunami, elles déferlent dans tes terres fertiles,

En ouragan de terreur, elles s’abattent en toi, t’arrachant à ta passion Rose.

Elles atomisent les plus fines de tes molécules et,

Tel un tamanoir, engloutissent chacune de tes particules élémentaires,

Te laissant atone, t’abandonnant dans une aphonie totale.

Ces particules d’aimante aimantes,

Cruelles, elles le sont !

Elles sonnent le crépuscule de ta Vie,

Elles happent ton air, et étouffent peu à peu le moindre de tes élans de vie.

             Quelle drôle d’Amitié que voilà !

Leur ultime assaut fait fi de ton âme résistante,

                                  Fait fi de ton âme en résistance,

                                  Fait fi de ton âme aimante !

 

Pascale DELGADO-DELETOILLE

 

A mon père

A nos êtres endeuillés